22 séries de 2022 à ne surtout pas oublier

Elles arrivent chaque semaine sur Netflix, Disney +, Prime Video, OCS, Canal+… Et, à moins de « binger » de manière ultra-consciencieuse, impossible de tout regarder dans l’immense offre des séries. « L’Obs » vous propose sa sélection des 22 séries de 2022 qu’il faut absolument voir.

« Severance » (Apple TV +)

Série réalisée et produite par Ben Stiller et créée par Dan Erickson. Avec Adam Scott, Christopher Walken, Patricia Arquette, Zach Cherry, John Turturro, Britt Lower. Neuf épisodes. Disponible sur Apple TV +.

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Ben Stiller, l’homme qui a incarné le flic neuneu Starsky au cinéma, un gardien de musée face à des dinosaures dans la trilogie « la Nuit au musée » et le gendre écrasé par Robert De Niro dans « Mon beau-père et moi », a brillamment réalisé six des neuf épisodes de « Severance ». Après un baptême poussif derrière la caméra (« Zoolander »), le comédien avait révélé un certain talent de cinéaste avec son délirant film de guerre « Tonnerre sous les tropiques » ou sa fresque romantique « la Vie rêvée de Walter Mitty ». Cette fois, on reste bouche bée tant le résultat est spectaculaire.

Le scénario tout d’abord, imaginé par le showrunner Dan Erickson, constitue la charge la plus violente contre le monde du travail qu’on ait vue depuis « l’Imprécateur » en 1977, fable glaçante dans laquelle Michel Piccoli, dirigeant fielleux et méphistophélique, poussait à bout ses salariés depuis son bureau de la tour Montparnasse. Cette fois, l’entreprise Lumon Industries propose à certains employés une severance, soit l’implant d’une puce électronique permettant de séparer leur personnalité en deux entités imperméables l’une à l’autre. D’un côté, l’individu sur son lieu de travail ; de l’autre, la personne à l’extérieur avec sa vie amoureuse, sa vie de famille… Dans les locaux, les employés sont d’une efficacité redoutable ; une fois dehors, ils n’emmènent pas leurs soucis de boulot à la maison. Du win-win, diraient les DRH du monde entier.

La série suit ainsi les pas de Mark (Adam Scott) qui remplace son N + 1 et meilleur ami, viré du jour au lendemain. Devenu chef, il doit accueillir dans son service Helly, une femme aussi rebelle que lui est docile venant de subir la severance.

Une série, un style : « Severance », souffrir en beauté

« Outer Range » (Prime Video)

Série de Brian Watkins. Avec Josh Brolin, Lili Taylor, Tom Pelphrey, Lewis Pullman. Huit épisodes. Disponible sur Prime Video.

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Son nom est d’autant moins connu de ce côté de l’Atlantique qu’il ne vient pas de Hollywood mais du théâtre. Brian Watkins est un jeune dramaturge issu du prestigieux conservatoire de la Juilliard School de New York dont les pièces collectionnent les récompenses, les éloges critiques et les représentations sur les scènes anglo-saxonnes. C’est avec ce CV très éloigné des standards habituels des créateurs de séries que ce trentenaire a réussi à convaincre le studio Prime Video, filière du groupe Amazon, de lancer « Outer Range », une sorte de western métaphysique.

Dans le rôle principal, Josh Brolin, acteur habitué à jouer les durs à cuire chez les frères Coen ou pour la franchise Marvel, incarne un fermier qui découvre un trou inexplicable au bout de son immense propriété du Wyoming. Le patriarche de cette famille endettée se met à douter de la réalité comme de sa foi, alors que les propriétaires d’un ranch concurrent s’apprêtent à acquérir une partie de ses terres. Trous dans le sol, trous de mémoire… il fallait oser infiltrer du Samuel Beckett en territoire cow-boy.

Brian Watkins : « Sur le papier, le pitch métaphysique d’“Outer Range” semblait culturellement très éloigné d’Amazon »

« Ovni(s) », saison 2 (Canal+)

Série de Clémence Dargent et Martin Douaire. Avec Melvil Poupaud, Géraldine Pailhas, Michel Vuillermoz, Daphné Patakia, Quentin Dolmaire, Alice Taglioni. Saison 2, douze épisodes. Disponible sur MyCanal.

Le 11 janvier 2021, un phénomène étrange a eu lieu lors de la diffusion du premier épisode d’« Ovni(s) » sur Canal+. Dès le générique tout en musique électro et images d’archives concassées, on quittait le registre plan-plan des séries françaises pour entrer dans un délire orchestré de main de maître. Son sujet ? L’épopée du Gepan, le Groupe d’Etudes des Phénomènes aérospatiaux non identifiés créé en 1977 à Toulouse. Soit, à l’écran, une bande de sympathiques branquignols avec lesquels se retrouve placardisé Didier Mathure, un ingénieur ayant conçu une fusée qui vient d’exploser en plein vol.

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Pour la deuxième saison, encore plus réussie que la première, Melvil Poupaud retrouve ce rôle d’homme rationnel gagné par la fièvre que contractent les gens ayant été témoins de phénomènes inexpliqués. Dans une France giscardienne particulièrement ciné génique – les décors sont somptueux –, l’acteur fétiche du regretté Raoul Ruiz, passé chez Eric Rohmer, Arnaud Desplechin ou François Ozon, s’éclate comme jamais, rejoint cette saison par Alice Taglioni. Avec lui, le réalisateur Antony Cordier et les scénaristes Clémence Dargent et Martin Douaire renouvellent le genre délicat de la comédie poétique, pour ne pas dire surréaliste, et font oublier la toute-puissance américaine de « Stranger Things ». Prouvant au passage qu’il n’est pas besoin de monstres ni d’effets spéciaux quand on sait cultiver le mystère.

« Ovni(s) », série de haut vol

« Andor » (Disney +)

Série créée par Tony Gilroy. Avec Diego Luna, Kyle Soller, Genevieve O’Reilly. Douze épisodes. Disponible sur Disney +.

En se plaçant dès les premières minutes sous l’égide de « Blade Runner » – la nuit, un homme marche dans une lugubre ville futuriste sous la pluie –, la nouvelle création tirée de l’univers « Star Wars » envoie un premier message aux spectateurs et aux fans. Il faut prendre cette nouvelle principauté d’« Andor » au sérieux et, dans la cosmogonie créée par George Lucas, la rapprocher des brillants westerns spaghetti de « The Mandalorian » et « The Book of Boba Fett » plutôt que du récent et poussif « Obi-Wan Kenobi ». Pour cette série, Disney + a choisi d’inverser l’univers manichéen auquel des décennies de batailles interstellaires nous ont habitués. En un mot, les bas-fonds plutôt que le ciel, des personnages secondaires plutôt que des chevaliers Jedi, des planètes inconnues des profanes plutôt que le sable de Tatooine…

On découvre un antihéros (Diego Luna) dépassé par les événements, pilleur d’épaves tuant presque malgré lui deux supplétifs de l’Empire et cherchant à échapper aux conséquences de son geste. Le décor vaut largement le détour, on se balade dans les ruelles d’une ville industrieuse aux très forts accents steampunk, dans une belle vallée verte qu’on jurerait échappée d’Ecosse, dans un appartement et une galerie d’art de Coruscant, la luxueuse capitale de cette galaxie, ou dans d’angoissants couloirs immaculés où les cadres de l’Empire se tirent dans les pattes.

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« Andor », la bonne surprise de la dernière cuvée « Star Wars »

« Borgen, le pouvoir et la gloire », saison 4 (Netflix)

Série créée par Adam Price. Avec Sidse Babett Knudsen, Birgitte Hjort Sørensen. Saison 4, huit épisodes. Disponible sur Netflix.

Entre 2010 et 2013, les trois saisons de « Borgen » diffusées sur Arte avaient marqué les esprits. Et on croyait la série rangée sur une belle étagère scandinave en bois de hêtre au rayon des séries parties trop tôt. Netflix et la chaîne danoise DR1 ont pris tout le monde par surprise en diffusant une quatrième saison, neuf ans après la dernière en date.

Le brillant showrunner Adam Price choisit dès les premières minutes du premier épisode de décentrer l’intrigue en la transportant aux confins du globe, sur les terres du Groenland, propriété du Danemark. Loin du ballet des limousines et des bruits annonçant des textos comminatoires, on y voit des pêcheurs en train de patiemment dépecer l’énorme cadavre d’une baleine sur la banquise. La moitié des épisodes se dérouleront dans cette zone où de gigantesques gisements de pétrole sont découverts, ce qui va entraîner une succession exponentielle de crises.

Quant à Birgitte Nyborg, on l’avait quittée regardant amoureusement le siège du gouvernement danois, « sa deuxième maison ». On l’y retrouve comme elle l’avait souhaité dans la peau d’une ministre des Affaires étrangères, rabrouant son aide de camp dans l’ascenseur qui mène à son bureau. A voir son visage émacié, le spectateur comprend qu’elle a changé. Son pays aussi.

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« Borgen », le retour de l’autre dame de fer

« Le Flambeau : les aventuriers de Chupacabra » (Canal+)

Série de Jonathan Cohen et Jérémie Galan. Avec Jonathan Cohen, Jérôme Commandeur. Neuf épisodes. Disponible sur MyCanal.

Ils ont remis une pièce dans le compteur. Marc (Jonathan Cohen), le héros de « la Flamme », parodie hilarante d’une émission de téléréalité au cours de laquelle il cherchait l’amour, ferraille cette fois avec une douzaine de candidats sur une île déserte pour les besoins d’un jeu survivaliste à la « Koh-Lanta ». Si on retrouve bon nombre d’invités de la saison précédente, notamment Ana Girardot en candidate trop parfaite, Géraldine Nakache en flic homo sur la défensive et Leïla Bekhti en psychopathe, la formule prend plus difficilement au début. Ici, l’humour repose moins sur les relations tordues entre le célibataire et ses conquêtes que sur un comique de situation plus lourd.

Bien sûr, Jonathan Cohen joue l’idiot comme personne, mais son personnage d’affabulateur à côté de la plaque, rodé depuis quelques années dans le programme court « Serge le Mytho », finit parfois par lasser. Il n’empêche, c’est quand les délires des auteurs vont le plus loin ou sont les plus cruels – un enfant-bulle, un complotiste, une « intervenante cirque » du Périgord sont candidats – que « le Flambeau » vise juste. Alcoolisme, antisémitisme, homosexualité, culture beauf… Bon nombre de tabous sont passés avec délice à la moulinette pendant que la série s’enfonce de plus en plus dans l’absurde, avant un final en apothéose. Il est suffisamment rare que la télévision s’aventure à rire de ses propres travers pour ne pas saluer le geste. Ce cocktail délirant se buvant cul sec, on attend avec impatience la saison 3.

« The Old Man » (Disney +)

Série créée par Jonathan E. Steinberg et Robert Levine. Avec Jeff Bridges, John Lithgow, Amy Brenneman, Alia Shawkat, Hiam Abbass. Sept épisodes. Disponible sur Disney +.

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Littéralement revenu d’entre les morts après de graves problèmes de santé, l’acteur Jeff Bridges revient à l’écran avec un rôle particulièrement physique. Il incarne un vieil agent secret hanté par son passé et obligé d’abandonner sa vie rangée pour sauver sa peau et sa fille. Particulièrement crédible dans le rôle d’un dur à cuire aussi mutique que violent, la star de « The Big Lebowski » excelle dans cette série qui se distingue par la rigueur de sa réalisation, la beauté de ses images et ses grands moyens. On attend déjà avec impatience la suite.

« Mec, j’ai failli y passer ! » : avec le grand Jeff Bridges, on a parlé de la mort, de la CIA et des chiens

« Oussekine » (Disney +)

Série d’Antoine Chevrollier. Avec Sayyid El Alami, Hiam Abbass, Malek Lamraoui, Tewfik Jallab, Mouna Soualem, Kad Merad, Olivier Gourmet. Quatre épisodes. Disponible sur Disney +.

C’est une série qui fera date tant elle éclaire implacablement un pan méconnu de l’histoire récente. En consacrant quatre épisodes à l’affaire Malik Oussekine, étudiant battu à mort par des policiers dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, Antoine Chevrollier, réalisateur chevronné de nombreux épisodes du « Bureau des légendes » et de « Baron noir », crée un objet jamais vu à la télévision française. Une fiction à la précision documentaire immergeant le spectateur au sein d’une famille frappée par un drame qui fait également vaciller le gouvernement de Jacques Chirac, alors Premier ministre de cohabitation de François Mitterrand. Grâce à l’interprétation magistrale des acteurs, à des plans longs et des dialogues poignants, le créateur montre la réaction en chaîne initiée par cette violence perpétrée par les forces de l’ordre : battage médiatique, instrumentalisation politique, mensonges policiers, justice inopérante…

Antoine Chevrollier : « Aujourd’hui, on ne peut plus faire autrement que de raconter l’affaire Oussekine »

« En thérapie », saison 2 (Arte)

Série d’Olivier Nakache et Eric Toledano. Avec Frédéric Pierrot, Charlotte Gainsbourg, Jacques Weber, Suzanne Lindon, Aliocha Delmotte, Eye Haïdara. Saison 2, trente-cinq épisodes. Disponible sur Arte.tv.

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« Je crois que je suis en burn-out… » Cette phrase éminemment contemporaine, c’est un adolescent mal dans sa peau qui la prononce. Robin est un des nouveaux patients du Dr Dayan (Frédéric Pierrot, le psy préféré des Français), aux côtés d’Alain, PDG au bord de la crise de nerfs, de Lydia, étudiante hantée par un secret, d’Inès, avocate intoxiquée du boulot. Pour la deuxième saison d’« En thérapie », Olivier Nakache et Eric Toledano ont décidé d’appuyer un peu plus fort sur la craie. Ces personnages n’affrontent plus l’onde de choc des attentats de 2015 mais des traumas peut-être plus profonds : harcèlement, maladie, séparation, adultère…

Le brave psy n’a pas fière allure non plus. Divorcé, il vit désormais en banlieue parisienne et se voit attaqué en justice par la famille d’un ancien patient. Si rien n’affecte son sens de l’écoute en séance, il semble lui aussi sur le point de craquer. Heureusement, il se tourne vers une nouvelle superviseuse (Charlotte Gainsbourg) qu’il consulte chaque vendredi. Malgré un total de 35 épisodes, l’effet addictif de la série fonctionne à nouveau à plein. Surtout, on prend plaisir à voir comment les nouveaux réalisateurs, Emmanuelle Bercot, Arnaud Desplechin, Agnès Jaoui et Emmanuel Finkiel, l’emmènent chacun à leur façon au plus profond : les blessures fondamentales, le rapport à la naissance et à la mort.

Ainsi, Jacques Weber, tour à tour horripilant et pitoyable en patron mis en cause par les médias, trouve peut-être là un de ses meilleurs rôles et on n’a jamais vu Charlotte Gainsbourg aussi saisissante de justesse. On prend également un malin plaisir à voir le Dr Dayan jongler avec ses facettes, tour à tour médecin guidant ses patients et quinqua tout aussi paumé qu’eux quand il s’agit de découvrir ce qui ne va pas chez lui. Une réussite totale.

« Filmer la parole est fascinant » : Emmanuelle Bercot et Arnaud Desplechin, deux cinéastes « en thérapie »

« Only Murders in The Building », saison 2 (Disney +)

Série de Steve Martin et John Hoffman. Avec Martin Short, Selena Gomez, Steve Martin. Saison 2, dix épisodes. Disponible sur Disney +.

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Agatha Christie aurait sans doute adoré cette histoire de voisins meurtriers qui sent bon l’arsenic et la naphtaline. On y retrouve les recettes de quelques-uns de ses meilleurs romans : unité de lieu (un immense immeuble des quartiers chics de New York), une galerie de suspects composée de sympathiques voisins ayant tous un pète au casque, un meurtre inexplicable, des dialogues ciselés et un humour pince-sans-rire de compétition. Pour autant, cette série est également tout à fait moderne puisque, dans la première comme dans la deuxième saison, les personnages accusés à tort du crime font de leur propre investigation un… podcast.

La bande des trois vaut le détour : un acteur d’une série policière des années 1990 sur le retour (Steve Martin), un dramaturge hystérique (Martin Short) et une jeune artiste oisive (Selena Gomez). Autrement dit, deux ringards plus flamboyants qu’on aurait pu le croire et une wannabe qui, à travers un jeu de Cluedo géant, font montre d’une étonnante alchimie.

Cette saison, ils se lâchent d’autant plus que les voici confrontés à un mystérieux assassin qui, après avoir tué l’irascible gérante du syndic de l’immeuble, s’en prend directement à eux. On goûte avec grand plaisir ce petit joyau restituant à merveille le grain de folie d’un New York pas encore tout à fait dévoré par la gentrification : héritiers sans le sou, vieux excentriques, flics foutraques, arnaqueurs de haut vol… En cette rentrée, on n’a pas vu grand-chose d’aussi réjouissant.

« The Bear » (Disney +)

Série de Christopher Storer. Avec Jeremy Allen White, Ayo Edebiri, Ebon Moss-Bachrach. Huit épisodes. Disponible sur Disney +.

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Des yeux bleus translucides, une gueule d’ange et un talent fou en cuisine. C’est Carmen, le nouveau personnage de série préféré de l’Amérique, et il est difficile de donner tort à ses fans. En une première saison de huit épisodes, « The Bear » impose un nouveau genre de fiction : celui de l’immersion dans un lieu de restauration, en l’occurrence une sandwicherie italienne de Chicago. Intelligemment, le scénario fait reposer le destin de l’établissement sur les épaules du jeune Carmen, chef renommé arrivé tout droit d’un restaurant étoilé de New York, reprenant l’affaire de son frère après le suicide de celui-ci. Il doit alors s’adapter à un autre genre de cuisine, à une brigade de bras cassés, à une ambitieuse nouvelle aide de camp, à un cousin ingérable, au rythme infernal qu’exige la production de plats de qualité et à l’épée de Damoclès pesant sur nombre de restaurateurs : les dettes contractées pour ouvrir le lieu.

On n’a jamais vu l’envers du décor de la bonne bouffe dépeint aussi précisément ni jamais eu autant faim en regardant la télévision. Outre l’acteur principal (Jeremy Allen White) dont le talent éclabousse les scènes et à qui Hollywood ne devrait pas tarder à offrir de grands rôles au cinéma, les personnages secondaires sont tout aussi bien campés et attachants – du pâtissier obsédé par ses créations à la cuisinière refusant de changer ses habitudes. Ce savoir-faire servi par une mise en scène trépidante – on pense au film « Uncut Gems », des frères Safdie (2019), avec Adam Sandler – laisse poindre une intrigue plus profonde.

Car le sujet est tout autant l’avenir incertain du resto et de son chef qu’une tentative de répondre à cette épineuse question : jusqu’où peut-on encaisser un travail infernal et pourquoi se tuer à la tâche au point de mettre en jeu sa santé mentale ? Enfin, le spectateur prendra aussi plaisir à découvrir la ville de Chicago, souvent oubliée par l’industrie du film au profit de New York et de Los Angeles, auxquelles elle offre un parfait contrepoint : moins riche et prétentieuse, plus cool et laborieuse.

« Tokyo Vice » (Canal+)

Série créée et écrite par J. T. Rogers. Réalisée par Michael Mann, Josef Kubota Wladyka, Hikari et Alan Poul. Avec Ansel Elgort, Ken Watanabe, Rachel Keller. Huit épisodes. Disponible sur MyCanal.

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Il y a certaines portes qu’il ne faut pas ouvrir, encore moins dans un pays qui aime les fermer à double tour. C’est une des leçons qu’apprennent Samantha Porter (Rachel Keller) et Jake Adelstein (Ansel Elgort), les protagonistes occidentaux de « Tokyo Vice », installés dans la mégalopole japonaise à la fin des années 1990. La première est hôtesse dans un club du quartier chaud de Tokyo, tandis que le second, reporter, a réussi l’exploit de se faire embaucher dans un journal local.

Si ces turpitudes sonnent aussi juste, c’est que ce dernier les a vécues pour de vrai : en 1993, Jake Adelstein fut le premier journaliste non japonais à intégrer la rédaction du grand quotidien « Yomiuri Shimbun ». Il y est resté douze ans, chroniquant la petite délinquance de rue comme les épisodes sanglants du crime organisé. De ses enquêtes, il a tiré un livre, que le dramaturge J. T. Rogers a brillamment adapté pour la chaîne HBO. Nonobstant le compagnonnage de Michael Mann, cinéaste émérite de « Heat », « Ali » ou « Collateral » et producteur à la télévision de la légendaire série « Miami Vice » (le maître réalise par ailleurs le premier épisode), cet homme de théâtre new-yorkais a relevé le pari difficile de donner du relief et de la densité à cette plongée immersive au royaume des yakuzas.

J. T. Rogers, créateur de « Tokyo Vice » : « J’ai fini par comprendre les yakuzas sans les excuser »

« Winning Time : The Rise of The Lakers Dynasty » (OCS)

Série créée par Max Borenstein et Jim Hecht et produite par Adam McKay. Avec John C. Reilly, Quincy Isaiah, Solomon Hughes, Jason Clarke, Sally Field, Adrien Brody, Jason Segel. Dix épisodes. Disponible sur OCS.

Avec son film « Don’t Look Up », le réalisateur Adam McKay enjoignait au monde de regarder le ciel et l’apocalypse climatique à venir. Avec « Winning Time », il nous offre de scruter des étoiles moins anxiogènes, une constellation formée en 1980 par un petit groupe d’athlètes qui propulsa le basket au rang de divertissement de masse et de juteux business : l’équipe des Lakers de Los Angeles. Certains de ses titulaires, comme le meneur de jeu Magic Johnson ou son partenaire Kareem Abdul-Jabbar, pivot épris de politique, de philosophie et de jazz, sont passés à la postérité, bien au-delà du premier cercle des fins connaisseurs de la discipline.

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Aficionado revendiqué, Adam McKay mûrissait cette fresque sportive depuis des lustres. Il n’était pas le seul : son acteur fétiche Will Ferrell (six films ensemble), lui aussi fou de basket, a très mal pris d’avoir découvert dans la presse que le rôle principal de « Winning Time », un temps dévolu à Michael Shannon, revenait finalement à son meilleur ami, l’acteur John C. Reilly, autre compère de longue date d’Adam McKay.

Pour faire de cette équipe le plus grand spectacle de Los Angeles malgré l’écrasante concurrence de Hollywood, Jerry Buss, propriétaire fantasque et charismatique des Lakers et embobineur de première, va s’endetter par millions, frayer avec la mafia de Las Vegas, mentir, soudoyer, séduire sans limites ses interlocuteurs. En premier lieu, le joueur débutant dont il hérite, Magic Johnson (incarné par Quincy Isaiah), à qui il confie les clés du jeu à la place de la vedette maison Abdul-Jabbar.

Bien que les acteurs touchent leur bille sur le terrain, il sera moins question de sport que de psychologie, notamment celle des foules, dans « Winning Time ». Comment faire de basketteurs noirs les idoles d’un pays raciste ? Comment convaincre les stars de Hollywood de venir s’asseoir au premier rang du stade ? Comment faire dépenser le plus d’argent possible aux spectateurs ?

« Winning Time », le haut du panier

« Mister 8 » (Canal+)

Série de Teemu Nikki. Avec Pekka Strang, Krista Kosonen. Huit épisodes. Disponible sur MyCanal.

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Primée lors du festival CanneSéries l’an dernier, la création finlandaise « Mister 8 » fait la nique à bon nombre de superproductions occidentales avec une recette artisanale hors pair. En premier lieu, son scénario particulièrement roublard : alors qu’une escort vient de lui poser un lapin au restaurant, un quadra célibataire rencontre une séduisante jeune femme. Ils passent la nuit ensemble et il tombe immédiatement amoureux. Seulement Maria (Krista Kosonen), aussi belle que riche, organise sa vie en consacrant chacun des jours de la semaine à un amant différent. Dès lors, le dénommé Juho, incarné par Pekka Strang, fait face à un problème de taille : il est le huitième homme et doit trouver sa place s’il veut revoir et séduire Maria.

Outre son image en noir et blanc soignée qui la distingue de la concurrence, la réussite de « Mister 8 » s’appuie sur un casting d’acteurs finlandais inconnus dans nos contrées. Chacun d’eux incarne une vision de la masculinité moderne – le sportif, le poète, le comédien de stand-up, le papa poule, le chasseur… Il en résulte un étonnant comique de situation, mâtiné d’un humour à froid et d’une nonchalance poétique tels que le cinéma du grand Aki Kaurismäki les a enseignés au reste du monde. Car aussi amusant soit-il, ce polar polyamoureux fait bel et bien le procès des romances modernes, dernier avatar d’une société de consommation fondée sur l’insatisfaction permanente. Et pose une question morale que n’auraient pas reniée les films noirs dont il s’inspire également : faut-il éliminer chacun de ses concurrents ou convaincre la femme fatale de l’authenticité de son amour ? Tel un héros de Billy Wilder, le brave Juho a l’embarras du choix. Le spectateur, lui, s’en délecte.

« Stranger Things », saison 4 (Netflix)

Série de Matt et Ross Duffer. Avec Winona Ryder, David Harbour, Millie Bobby Brown. Neuf épisodes. Disponible sur Netflix.

Ça valait le coup d’attendre : trois ans après une troisième saison poussive, « Stranger Things » nous revient plus fringante. Avec une différence d’importance : les épisodes de cette quatrième cuvée sont plus longs, moins frénétiques et plus soignés. Dès lors que les frères Duffer prennent le temps d’accorder de la place à leurs personnages, à la ville d’Hawkins et à leur passion entomologique des années 1980, le charme opère à nouveau. Cette fois-ci, ce n’est plus autour de la personnalité d’Eleven, l’étrange jeune fille douée de superpouvoirs, que l’intrigue se noue mais auprès de la bande d’ados confrontés à la disparition d’une élève de leur lycée. Eddie, un de leurs camarades, est soupçonné d’en être la cause. Il présente, il est vrai, les pires stigmates de l’époque : il joue à « Donjons et Dragons », cultive un look de hard-rockeur et deale.

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C’est en tentant de prouver son innocence que les héros vont tomber sur une menace autrement plus terrifiante, en lien avec « le monde d’en bas », cette dimension parallèle surnaturelle d’où sortent les créatures qu’ils ont affrontées par le passé. Seulement, plus la série lorgne du côté du cinéma d’horreur des années Reagan, plus ses effets deviennent spécieux et moins elle a de saveur. Comme pris dans une boucle temporelle, les showrunners soulignent tout au marqueur fluo. Et diluent ce qui fait la singularité de leur série, à force de jouer avec les clichés des autres.

« Pure » (Arte)

Série d’Aneil Karia et Alicia MacDonald. Avec Charly Clive, Joe Cole, Niamh Algar. Six épisodes. Disponible sur Arte.tv.

C’est une maladie méconnue, un trouble obsessionnel compulsif qui interrompt les pensées d’un patient par un flux d’images érotiques ou pornographiques. En racontant comment une jeune femme débarquant à Londres se débrouille avec cette tare, la série dresse un amusant portrait de la jeunesse anglaise qui tente de ne pas être noyée sous les injonctions de la vie moderne (trouver du travail, sortir, boire, rencontrer quelqu’un…) . L’actrice Charly Clive qui interprète Marnie est une révélation.

« Chair tendre » (France Télévisions)

Série de Yaël Langmann. Avec Angèle Metzger, Saül Benchetrit, Daphné Bürki, Grégoire Colin. Dix épisodes. Disponible sur France.tv Slash.

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En l’espace d’une saison de dix courts épisodes, cette série diffusée sur France 5 et disponible sur France.tv Slash aura réduit les critiques nauséabondes portant sur le genre et la sexualité des jeunes à ce qu’elles sont : des arguties totalement coupées de la réalité de ce que vivent les personnes concernées. Il suffit d’observer Sasha, ado débarquant en terminale dans un nouveau lycée des Landes, pour comprendre à quel point il est difficile de se faire accepter par la société quand on n’entre pas exactement dans les cases prévues à cet effet. Ni tout à fait fille ni tout à fait garçon, Sasha est intersexe comme le seraient, selon les projections, jusqu’à 2 % de la population mondiale.

Outre les difficultés habituelles liées à l’adolescence et à la découverte de sa sexualité, elle doit imposer son identité à ses parents (interprétés par Grégoire Colin et Daphné Bürki) et sa petite sœur jalouse, tout en la cachant aux clans du lycée se disputant l’arrivée de la nouvelle. Bien que progressant le long d’une périlleuse ligne de crête, entre dossier pédagogique et plongée ultraréaliste dans le monde des ados, la série trouve son souffle. En bonne partie grâce au jeu impeccable de l’actrice principale, Angèle Metzger, qui, en très peu de mots et de gestes, impose une présence aussi intense que troublante. A ce titre, son monologue dans le dernier épisode de la saison mériterait d’être diffusé au plus grand nombre et en particulier dans les collèges et les lycées, lieux privilégiés de la domination des minorités par une majorité découvrant son propre pouvoir de nuisance.

« Miskina, la pauvre » (Prime Video)

Série de Melha Bedia, Xavier Lacaille et Yoann Gromb. Avec Melha Bedia, Shirine Boutella, Hakim Jemili, Victor Belmondo. Huit épisodes. Disponible sur Prime Video.

Oubliez la Terre du Milieu, les coûteux elfes, hobbits et légendes des « Anneaux de pouvoir ». Dans cette série signée Melha Bedia, il est également question d’un royaume, certes moins spectaculaire mais autrement plus substantiel : un pavillon de banlieue parisienne où règne une grand-mère austère sur une famille foutraque.

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La mère ne veut plus entendre parler du père, parti il y a longtemps ; la fille cadette, bien qu’obsédée par son travail, est sur le point de se marier ; le gentil traiteur venu livrer les mets en profite pour s’installer sur place ; un cousin drague une cousine… Quant à Fara, la fille aînée de 30 ans, sans appart, sans boulot, sans mec, elle incarne le vilain petit canard du foyer. Depuis son enfance, cette anti-héroïne n’arrive pas à s’imposer et tout le monde la rejette gentiment.

Dans cette histoire fortement inspirée par la sienne, Melha Bedia (la sœur de Ramzy) excelle, alternant le rôle de celle qui balance des vannes pour mieux survivre à celui de la femme en quête d’une raison de vivre. Il y a bien l’amour, mais comment faire part de son désir à son meilleur ami, à moins que l’issue ne soit la religion, cette carapace qui protège, ou un voyage prétexte en Algérie, pays d’origine de sa famille ?

Dans cette série dirigée par Xavier Lacaille (également acteur dans la série « Parlement »), l’équilibre fragile entre l’humour et le drame, celui propre aux meilleures comédies italiennes, est habilement préservé. Ainsi, les créations françaises, d’« Ovni(s) » à « Oussekine », démontrent qu’elles savent encore faire preuve de délicatesse, un trait que leurs homologues américaines oublient souvent tant la recherche permanente de l’attention du spectateur alourdit leur propos. Enfin, on retient également que jamais une série n’avait plongé si profond dans la psyché maghrébine, prouvant au passage que les familles, arabe, gauloise ou extraterrestre, sont toutes les mêmes : psychotiques et en quête d’amour.

Melha Bedia : « Mon frère Ramzy m’a fait la misère quand je passais des castings »

« Paris Police 1905 » (Canal+)

Série de Fabien Nury. Avec Jérémie Laheurte, Marc Barbé, Evelyne Brochu. Six épisodes. Disponible sur MyCanal.

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Il suffit de quelques plans de « Paris Police 1905 » pour reconnaître avec délice le style rétro chic (mais réaliste) de la somptueuse première saison. Une galerie de gueules et d’acteurs aux petits oignons, des décors et des costumes soignés, une capitale enneigée où l’on ne serait pas étonné de croiser un certain Marcel Proust, une ambiance mortifère propre à une IIIe République vacillante… Et, dans ses interstices, se faufilant comme des insectes entre taudis et immeubles haussmanniens des beaux quartiers, des policiers aussi inquiétants que violents. A leur tête, le fameux préfet Lépine, extraordinairement rendu par Marc Barbé, qui peine à réaliser que la mort de l’enfant d’une prostituée, indirectement provoquée par son service de la police des mœurs, va déclencher un scandale de grande ampleur. A cette intrigue se greffe un autre drame, le suicide « apparent » d’un inconnu dans une partie du bois de Boulogne dévolue aux échanges réprouvés par la morale.

Malgré l’ampleur de l’entreprise, Fabien Nury, le créateur de la série, bien épaulé par les réalisateurs Julien Despaux et Frédéric Balekdjian, parvient à peindre avec aisance et fluidité une époque et les maladies qui la rongent. Après l’antisémitisme dans la première saison, ils s’intéressent cette fois à la propagation de la syphilis, révélatrice, entre autres choses, du peu de soin avec lequel la société traitait les femmes. Autrement dit, il s’agit ici d’explorer l’authentique noirceur de la Belle Epoque. Une approche qui tranche avec bon nombre de séries anglo-saxonnes en costumes qui, de « Marie-Antoinette » (Canal+) à « The Great » (StarzPlay), se contentent de s’amuser avec les travers de la monarchie et des familles de la haute. L’œil rivé sur les plaies de la société, « Paris Police 1905 » prolonge à sa façon les meilleurs feuilletons littéraires du XIXe siècle. Pourvu que la chaîne cryptée, après ne pas avoir renouvelé « Ovni(s) », son autre brillante tête de gondole, prolonge cette épatante aventure.

« Rogue Heroes » (Canal+)

Série de Steven Knight. Avec Connor Swindells, Alfie Allen, Jack O’Connell, Dominic West. Six épisodes. Disponible sur MyCanal.

Son titre aux relents canailles pourrait le laisser supposer, mais « Rogue Heroes » (en français « héros voyous »), la nouvelle création du scénariste anglais Steven Knight, n’est pas la suite de « Peaky Blinders », cette saga mafieuse chic et vintage qui l’a définitivement installé parmi les auteurs les plus en vue du moment.

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Son intrigue commence durant la Seconde Guerre mondiale et s’emploie une fois de plus à parer de glamour une certaine idée du panache britannique. Sauf que ses personnages sont le reflet inversé de ses gangsters endimanchés des bas-fonds de Birmingham : sa nouvelle bande est constituée d’une poignée de militaires de la haute société aux manières de malandrins. Leur titre de gloire ? Avoir fondé et dirigé le Special Air Service (SAS), une escouade de têtes brûlées qui, dotée de moyens dérisoires, a conduit une succession de commandos sanglants sur le front de l’Afrique du Nord, contribuant à freiner l’avancée de Rommel vers le canal de Suez.

« Rogue Heroes », les bidasses en folie

« 3615 Monique », saison 2 (OCS)

Série d’Emmanuel Poulain-Arnaud et Armand Robin. Avec Noémie Schmidt, Arthur Mazet, Paul Scarfoglio. Saison 2, dix épisodes. Disponible sur OCS.

A quoi ressemblait la France des années 1980 ? La deuxième saison de « 3615 Monique » offre un amusant début de réponse : un pays obsédé par le sexe qui découvre la puissance de l’informatique et de l’argent facile grâce au… Minitel, cet étrange complément du téléphone devenu indispensable puis totalement obsolète. En racontant comment trois copains se lancent dans l’aventure de la télématique, la série d’Armand Robin et Emmanuel Poulain-Arnaud – réalisée, pour la saison 2, par Guillaume Renusson – livre une comédie enlevée préfigurant notre société où règnent le Web et les réseaux sociaux.

« 3615 Monique », les connectés de l’ancien monde

« Slow Horses », saison 2 (Apple TV +)

Série de Will Smith. Avec Gary Oldman, Jack Lowden, Kristin Scott Thomas. Six épisodes. Disponible sur Apple TV +.

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Certaines séries tiennent à un lieu et au personnage qui l’occupe. Il s’agit cette saison encore d’un vieux bureau qui sent la clope et l’alcool bon marché. Et de celui qui y travaille et y dort, tout aussi sale, incarné par Gary Oldman, au sommet de son art en chef odieux faussement dilettante. Après une première saison réussie, « Slow Horses » nous revient donc avec sa bande d’espions mis au placard, confrontés à un nouveau danger : le réveil d’agents dormants soviétiques prêts à relancer une sanglante guerre froide.

Dès la scène d’ouverture, la longue course-poursuite entre deux sexagénaires dans les transports publics réactive le plaisir qu’on éprouve à suivre ces rebuts du MI5, touchants dans leurs efforts pour survivre dans un monde qui croit ne plus avoir besoin d’eux. Autre agrément, les retrouvailles avec Kristin Scott Thomas, leur patronne aussi redoutable qu’efficace, incarnation d’un univers du renseignement devenu éminemment politique.

On ne peut qu’apprécier la peinture en quelques touches de ces émouvants personnages tirés d’une série de romans de Mick Herron exploitée par le showrunner britannique Will Smith, lequel prend un malin plaisir à démontrer que, dans un espace saturé de data et de vidéosurveillance, rien ne vaut l’expérience du terrain, la roublardise et le flair. Plus encore quand la menace d’un nouveau 11-Septembre se profile à l’horizon et oblige Gary Oldman et son équipe de bras cassés à sortir du placard où ils ont été trop longtemps enfermés.

22 séries de 2022 à ne surtout pas oublier