Lionel Lingelser (Les Possédés d’Illfurth): “un rituel guérissant, magique”

« J’avais envie que le spectacle soit réduit à rien. Revenir à ce qu’est l’essence même du théâtre. Arriver avec mon tambour et dire : maintenant, je vais vous raconter une histoire et je fais confiance à vos imaginaires », explique Lionel Lingelser. ©DR

Illfurth, « c’est un petit village de deux mille habitants » dans le sud de l’Alsace, où est né Lionel Lingelser, où vécurent les « possédés », deux petits garçons de 7 et 9 ans. « Le curé de l’époque [nous sommes au milieu du XIXe siècle, ndlr] a décrit leurs maux étranges. C’est comme dans le film L’Exorciste. Ils lévitent. Ils crachent. Ils ont des pouvoirs surnaturels. Ils prédisent l’avenir. Ils parlent des langues étrangères, voilà, quoi (rire). C’était à ce niveau-là, c’était dingue », promet Lionel Lingelser. « Aujourd’hui, je pense que ça pourrait s’expliquer par des phénomènes médicaux, comme des crises d’épilepsie, des choses comme ça, relativise-t-il. Mais vu par l’église, il y a 150 ans, évidemment, c’est le diable qui est à l’origine de tout ça ».

Le grand-père de Lionel Lingelser habitait la maison des possédés d’Illfurth. « Cette maison de la famille Burner, c’est une ferme qu’a récupérée la famille de mon grand-père. Mon grand-père y a grandi, confirme-t-il. J’ai connu cette ferme. » Et cette histoire ? « Je l’ai connue quand j’étais petit. On nous la racontait pour nous dire ce qui s’était passé, pour nous faire peur aussi. C’est un truc que je raconte dans le spectacle, c’est aussi pour « convertir » les gens. On leur disait : attention, il faut bien prier la Vierge Marie, parce que sinon… De toute façon, tout le monde connaît cette histoire dans le sud de l’Alsace. Les deux derniers cas de possession à Illfurth, tout le monde connaît ».

Un peu partout en France, on retrouve toujours des maisons du diable et leurs histoires à trembler debout, lui fait-on remarquer. « C’était la maison du diable, la maison de mon grand-père. Ah ouais, ouais ! Mon grand-père a disparu il y a 20 ans déjà, je n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’en parler avec lui. Je savais juste qu’un jour je ferais quelque chose de cette histoire, mais quand il est mort, je n’étais même pas encore comédien. Donc, on n’en a jamais parlé. De toute façon, c’est une histoire dont on ne parlait pas. Les gens la connaissent. On a le bouquin écrit par le curé à la maison. Tout le monde a ce bouquin chez nous, à Illfurth. C’est l’histoire où d’un coup le diable a pénétré une maison, un endroit, un village, ça veut dire que le village est entaché par le diable, ce sont des sujets qu’on évite ».  

Je me suis fait mon plaisir de comédien.

Lionel Lingelser

Son grand-père et sa famille ayant habité la maison du diable, Lionel Lingelser ne pouvait pas l’éviter. « Oui, petit, j’étais traumatisé quand j’allais dans cette maison, reconnaît-il. J’étais traumatisé. Aujourd’hui, je peux dire qu’il y avait de mauvaises vibrations. Je crois très fort aux énergies. Je n’allais jamais à l’étage, par exemple. Ou dans les chambres. Je restais en bas. C’était une vieille ferme. Le sol était en terre. On est à la fin du XIXe siècle. C’est vraiment très pauvre. C’était une famille très, très pauvre. Donc, oui, ce sont aussi des histoires de mœurs », juge-t-il, alors qu’on évoque l’exposition Histoire(s) de sorcellerie, au Musée d’Évreux [jusqu’au 19 février, ndlr] où l’on découvre que beaucoup d’affaires de sorcellerie dissimulaient en réalité des histoires de mœurs. 

« Le père a tiré profit de ça, présume-t-il. Lourdes venait d’arriver, les apparitions de la Vierge, etc. Lui était marchand ambulant, il s’est dit qu’il pourrait peut-être se faire du fric sur le dos des enfants. Moi, je crois très fort à cette piste-là. Je pense que c’était juste des garçons fragiles qui étaient turbulents aussi, des enfants, quoi ! Ils avaient 7 et 9 ans. Mais ça a duré 5 ans, quand même. Tout le comté venait les voir. Les gens de Strasbourg, de Paris, sont venus les voir, la presse. Et puis, bien sûr, c’est remonté au Pape, parce qu’on n’exorcise pas comme ça des gens. C’est allé loin, cette histoire. » 

« C’est à ce moment-là, au moment où je commence vraiment à comprendre cette histoire, vers l’âge de 9 ou 10 ans, que je commence à faire du théâtre », se souvient-il. Toutefois, ce n’est pas son premier choix lorsqu’il arrive au carrefour de sa majorité. « Je suis en terminale, il faut que je décide de ce que je veux faire de ma vie. J’étais en bac S. Je devais partir faire de l’aéronautique, mais je n’avais pas la vision pour. Je rêvais d’être pilote de ligne. Sauf que mes yeux n’étaient pas assez puissants. Ma vue avait terriblement baissé. En plus, je n’étais pas assez bon en maths. Je voulais passer par l’armée, l’armée de l’air. Mais avec la vue que j’avais, ce n’était pas possible. Ils m’ont dit : vous serez dans l’armée de terre. Je leur ai dit : je n’ai pas envie d’être dans l’armée de terre. »

« J’étais dans la cuisine avec ma mère, se souvient-il, j’ai dit : mais qu’est-ce que je vais faire ? Le lycée, c’est fini dans 5 mois… Ma mère me demande : qu’est-ce que tu as toujours voulu faire ? Je lui réponds : je ne sais pas, je ne sais pas. Là, elle me parle d’une amie à elle qui avait un fils comédien. Je lui avais dit que j’aimais le théâtre, mais… Moi, je ne savais pas à l’époque qu’on pouvait faire ça de sa vie, gagner de l’argent avec ça. Surtout que moi, j’étais à Illfurth, quoi, dans un bled, je n’avais pas d’artistes dans ma famille. Elle me dit : le fils de mon amie a fait un film. Je lui dis : mais, non, mais c’est pas vrai. Ça a été ça le déclic. Ce moment où elle me dit : on va au Kinepolis, à Mulhouse, il y a Julien. Il venait du même village que moi, presque, d’à côté. Je pensais que ce n’était pas possible qu’un mec qui venait d’un village comme ça puisse faire un film. Et voilà. Le lendemain, on appelait les Cours Florent. Je me suis inscrit. Ma vie était partie. J’étais déterminé. J’avais juste besoin d’un déclic. En fait, je peux faire ça de ma vie. » 

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« Aujourd’hui, c’est toute ma vie, c’est la compagnie Munstrum Théâtre, c’est du cinéma, c’est la vie de rêve, la vie dont je rêvais. » Il a monté cette compagnie avec Louis Arene, personnage clé dans son parcours. « Oui, très important. Rencontre au Conservatoire national, où on est rentré tous les deux. L’amour pour le théâtre physique, le théâtre exigent, rigoureux, le masque, évidemment. Grande rencontre avec le masque. Il est rentré à la Comédie française, ensuite. Moi, je suis parti avec Omar Porras. On s’est retrouvé à la fin de tout ça. Lui est sorti du Français, il avait très envie de travailler sur nos propres projets. On s’est lancé dans cette aventure de Munstrum qui aujourd’hui est une belle aventure », se réjouit-il. 

Souvent, le public impressionné demande aux comédiens comment ils font pour retenir leur texte, à Lionel Lingelser, on a envie de demander comment fait-il pour assurer physiquement, pour avoir cette précision physique. « Oui, c’est une vraie performance, reconnaît-il. J’avais aussi envie de partager ça avec le public, voir un acteur au travail, voir un artisanat, d’une certaine manière. Du théâtre qu’on ne voit plus trop, un acteur qui sue en face de nous. Un acteur qui se donne pendant 1 h 20, comme ça, à quelques mètres. De voir… rien. Parce que je n’ai rien sur le plateau. J’avais envie de renouer avec ça. Le texte, pour moi, c’est secondaire. Ce n’est pas difficile d’apprendre le texte. C’est vraiment le corps. Il faut faire confiance à la mémoire corporelle. »

Pour ce faire, il a une hygiène de vie de sportif de haut niveau. « Ça, je l’ai toujours eue. Parce que je viens de ça. J’étais dans l’équipe de basket d’Illfurth pendant dix ans. Je suis entré en sport-étude. Je me destinais peut-être même à être dans le sport. J’ai toujours gardé cette hygiène de vie qui me permet de réaliser ce genre de performance. Je suis malheureux si je suis malade, si je n’arrive pas à utiliser ma voix, ça fait partie de ma rigueur dans mon métier. » Un autre personnage va jouer un rôle clé dans le parcours de Lionel Lingelser, avoir son importance de l’histoire des Possédés d’Illfurth, le metteur en scène Omar Porras. « Je n’aime pas trop le citer, objecte Lionel Lingelser, c’est vrai que c’est mon inspiration, parce qu’il m’a beaucoup apporté, il m’a ouvert à beaucoup de choses et, en même temps, c’est une figure de metteur en scène ou de metteuse en scène, car ça pourrait être tous les directeurs ou directrices d’acteurs du monde. Mais c’est quand même mon inspiration, oui. Après, ça reste une figure qui a une emprise sur quelqu’un et qui le fait accoucher, hein ! Il a du bon et du mauvais. »     

« C’est une figure. Il est terrible à des moments dans le spectacle, souligne-t-il. Ce n’est pas que lui, c’est tous les gens que j’ai rencontrés sur ma route de comédien. C’est un certain archétype de metteur en scène. Après, comme c’est daté, je parle de Scapin et du spectacle [Les fourberies de Scapin, ndlr] que j’ai fait avec lui. Les connaisseurs le reconnaîtront tout de suite, mais je n’en parle pas parce que l’important c’est la poésie, la situation, qu’est-ce qui se passe entre un metteur en scène et un acteur. » Celui-ci va le pousser dans ses retranchements, lui dire qu’il faut aller puiser dans ses démons pour trouver l’authenticité d’une réplique et tout ça va le renvoyer à qui il est et d’où il vient : Illfurth. « Je ne sais pas quels sont ses outils, mais lui m’emmène vers ça, aller puiser dans les racines. Ça me fait d’un coup débarquer en Alsace. Et à utiliser d’où je viens, les gens de mon entourage, l’Alsace, quoi ! Dans mes personnages. Pour pouvoir, effectivement, dépasser des blocages ».   

On revient au club de basket. Il y a ce garçon qui l’agresse. « C’est un autre volet, effectivement, de la possession qu’on a essayé de développer avec Yann Verburgh, qui a écrit le texte. Moi, petit garçon, dans le village, qui… oui, qui se retrouve sous l’emprise d’un camarade. Je ne sais pas s’il faut en dire plus, c’est bien aussi que les gens découvrent (rire). Mais oui, voilà, c’était une manière aussi de raconter l’emprise. C’est un spectacle qui raconte l’emprise qu’on peut avoir sur un autre, du dominant-dominé, à travers les jeunes garçons, à travers moi, petit garçon avec ce camarade, et puis à travers moi et le théâtre aussi. Sous l’emprise du masque. » 

Yann Verburgh a aussi son importance. « Oui. Grand auteur ! » À qui il va confier l’écriture des Possédés d’Illfurth, n’étant ni auteur de théâtre ni écrivain. « Parce que je rêvais de travailler avec lui. C’était vraiment le bon moment pour le faire. Quand on a justement compris que ça allait vers quelque chose de très personnel, finalement, même si c’est très poétique, j’avais besoin de mettre de la distance par rapport à tout ça. Quoi de mieux pour ça qu’un auteur, qu’une autre plume pour raconter soi ? Je lui ai tout donné. Il a livré une première mouture. À partir de là, on a fait des allers et retours au plateau. On a réécrit des scènes, on a improvisé, mais c’est lui qui tient l’écriture de cette épopée ».    

Lionel Lingelser
Lionel Lingelser ©Claudius Pan

Ce texte est son unique costume dans ce huis clos à nu. « Oui, c’est ça. Et les lumières. Elles soulignent beaucoup les tableaux de ce spectacle et emmènent vraiment, je dirai, dans une ode cinématographique. Avec Yann Verburgh, on a construit ça comme un film, c’est un scénario ». Il a le texte, la lumière, pour ce qui est du décor, des enjeux, du personnage, du conteur, tout repose sur lui, tout est concentré dans son corps. « Oui, c’était ça le défi. Je crois que tout ça était enfoui en moi, ça fait des années que j’avais envie de faire ça. Pour moi, ce n’est pas un défi dans le sens où c’est facile, c’est comme ça que j’aime raconter des histoires, faire des personnages, ça, ça m’éclate. Je me suis dit que j’allais concentrer tout ce que je n’avais pas le droit de faire au théâtre, tout ce qui était ringard, j’avais envie de le faire, de m’amuser, avec une grande exigence aussi, avec l’exigence qui est la mienne ».     

« Et puis, surtout, je suis un grand, grand admirateur de Philippe Caubère, je l’ai découvert quand je suis arrivé à Paris, et je crois que c’était un rêve enfoui à l’intérieur de moi de faire un spectacle solo, un jour, en jouant avec l’imaginaire des gens. J’avais envie que le spectacle soit réduit à rien. Revenir à ce qu’est l’essence même du théâtre. Arriver avec mon tambour et dire : maintenant, je vais vous raconter une histoire et je fais confiance à vos imaginaires. Et c’est parti, quoi ! Parce que le plus gros budget est là, dans la tête des gens. Donc, c’est génial. On peut aller où on veut. C’était surtout un kiff. Je me suis fait mon plaisir de comédien. »

On pourrait croire que toute cette histoire est dure, toutefois, ça reste de la poésie, du conte, quelque chose de ludique. On ne sort pas des Possédés d’Illfurth complètement plombés. « C’est ce que me disent les gens en sortant : on ne pensait pas rire autant. Il y en a même qui me disent : c’est une comédie (rire) ». Tout ça ne transpire pas à la lecture de l’argument de la pièce. « Le thème est un peu morbide, concède-t-il, mais très vite on est parti ailleurs. Il y a des moments tragiques, c’est vrai. Mais c’est ce que j’aime, ça représente la vie. C’est la sinusoïde de la vie, quoi ! On passe des rires aux larmes. C’est ce dont je rêvais pour ce solo et ce qu’on a réussi, je crois, à faire passer. Moi, je ne peux pas faire passer des idées tragiques sans humour. J’ai besoin d’humour. Dans notre travail avec Munstrum, la joie fait partie de ça. Dans la joie, il y a l’humour, mais il y a aussi le défi d’y arriver. Ça passe par la tristesse aussi. Ce n’est pas que du bonheur ».

Je ne peux pas faire passer des idées tragiques sans humour. 

Lionel Lingelser

Peut-on voir dans cette pièce une forme d’exorcisme théâtral ? « On peut le voir comme ça, oui. Avec Yann Verburgh, au début, on s’est retrouvé dans la Drôme tous les deux lorsque je lui ai confié mon histoire pendant une semaine. Je lui ai raconté ma vie. C’est là qu’il m’a dit : c’est ça qu’il faut qu’on raconte, Lionel. On ne va pas raconter l’histoire des enfants – bien sûr, ça va être là, mais… Je lui ai dit : OK, partons pour un rituel guérissant, magique. C’est pour ça que j’arrive avec mon tambour au début, je vois ça comme un rituel chamanique. Vraiment, j’ai réalisé à travers aussi mes expériences d’homme, dans ma vie, avec l’acupuncture, enfin, bref, je ne vais pas vous raconter ma vie, mais avec la médecine chinoise, je me disais que j’étais aussi en tant qu’acteur un guérisseur. Donc, oui, je vois ce spectacle comme ça. Mais pas personnel. Je ne viens pas, moi, exorciser mes propres démons. C’est de l’art. Et j’espère peut-être aider ou créer ou partager peut-être des points de départ avec le public. Il y a tellement de gens qui viennent après me raconter leurs histoires. Je ne m’attendais pas à ça. Mais je ne viens pas régler mes comptes et je ne viens surtout pas faire ma thérapie sur scène. Pas du tout, du tout. Tout ça, c’est très joyeux », assure-t-il.   

On s’étonne qu’il ait attendu 20 ans pour arriver à cette histoire très personnelle alors que, d’ordinaire, les artistes débutent par leurs histoires intimes. « Déjà au Conservatoire, j’en avais marre qu’on me distribue dans les jeunes premiers. J’ai une tête assez juvénile, comme ça. Et je ne supportais plus ça. Moi, je voulais faire des méchants, je voulais faire ce qui n’était pas moi, quoi ! Naturellement, je me suis tourné vers le masque. Et le masque m’a permis de grands écarts complètement incroyables, fantaisistes et inattendus. J’adorais enlever le masque et que les gens disent : oh mon Dieu, mais il a quel âge ? Il a douze ans ? J’avais envie de faire rêver les gens avec ça. Et je me suis planqué derrière ce masque pendant des années. Eh bien voilà, je ne sais pas pourquoi d’un coup, un jour, on ne peut plus se planquer. Bas les masques, il faut qu’on enlève le masque, il faut qu’on parle de soi. Je ne sais pas. C’était le moment, maintenant. Ça a duré 20 ans. Parce que j’avais les outils corporels, j’avais ma rigueur physique, les partenaires, Munstrum qui commençait à être reconnue, tout était pour que… c’était le bon moment ». 

Je suis un vieillard de 95 ans sous le masque avec mes émotions. 

Lionel Lingelser

On songe à Olivier de Sagazan venu présenter La Messe de l’âne à Évreux, celui-ci nous avait confié que plus il mettait de couches sur son visage, comme autant de masques, plus il se rapprochait de lui-même, « c’est ce que je ressens aussi, admet Lionel Lingelser. Quand je vous dis que je me cachais pour pouvoir faire de grands écarts, c’est une chose. Mais effectivement, le masque est le plus grand révélateur de qui on est vraiment. C’est sur ça que j’avais du mal à mettre des mots, mais quand j’ai rencontré le masque, la première chose que j’ai dite, c’est : c’est ça la vérité. J’ai dit : j’ai trouvé dans le masque une vérité. Une vérité immuable. Je ne peux pas la raconter. Elle va puiser dans ce que je suis vraiment. Donc, évidemment, je suis un vieillard de 95 ans sous le masque avec mes émotions et, là, vous voyez le vrai Lionel avec les mots de ce vieillard de 95 ans. Je suis complètement d’accord avec ce que dit Olivier, dont j’admire le travail, d’ailleurs. Effectivement, les couches font que – bizarrement – on ne peut plus tricher. On se relie avec son soi profond. » On a l’impression qu’on se cache alors qu’on se révèle, observe-t-on. « C’est le plus grand paradoxe. Mais je le trouve magnifique. Pourquoi dans le carnaval on met des masques pour être quelqu’un d’autre ? Au contraire, la bacchanale, les orgies, tout ce qui se passait masqué se déroulait peut-être parce qu’on était réellement soi (rire). Le masque sociétal, peut-être, c’est celui-là qui nous bride ».

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Lionel Lingelser (Les Possédés d’Illfurth): “un rituel guérissant, magique”