Le lundi c’est librairie ! #558

Le lundi c’est librairie !

Aujourd’hui, nous vous proposons la chronique de trois albums.

Au programme :

  • Assassin’s Creed Valhalla – Les mythes oubliés (Black River)
  • Magic : The Gathering tome 2 (Black River)
  • Zombie World : Le champion des vers (404 Comics)

 

Toutes les semaines, nous vous proposons dans notre rubrique Le lundi c’est librairie ! la chronique de titres parus en librairie. Il peut tout aussi bien y avoir des titres très récents ou des avant-premières que des albums sortis moins récemment.

 

Assassin’s Creed Valhalla – Les mythes oubliés
Le lundi c'est librairie ! Assassin's Creed Valhalla - Les mythes oubliés (septembre 2022, Black River)

Black River
EAN : 9782384260089

80 pages – 14.90€
22/09/2022 – Couverture cartonnée

Alexander Freed
Martin Tunica

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Accompagnez Baldr, fils d’Odin, dans sa quête pour forger une paix durable entre les neuf royaumes !
La guerre est sur le point d’éclater entre les deux royaumes voisins de Muspelheim et Svartalfheim, et Surtr, le seigneur des Muspels, rassemble son armée de géants du feu. Déterminé à empêcher un tel bain de sang, Baldr, fils d’Odin et dieu de la lumière, demande l’aide du grand dieu fallacieux, Loki.
Loki trahira-t-il Baldr et le reste des Æsir ? Ou Baldr gagnera-t-il le cœur de la fille de Surtr et forgera-t-il une paix durable entre les neuf royaumes ?

Nul faux là ou n’existe nul vrai. Seulement des histoires aussi changeantes que la forme de l’eau.

Le lundi c'est librairie ! Assassin's creed Valhalla - Les mythes oubliésC’est en effet un véritable conte qui nous est proposé dans cet album : alors que le tome précédent d’Assassin’s creed Valhalla se concentrait sur des personnages vikings, avec celui-ci nous entrons dans la mythologie nordique en elle-même en suivant des personnages légendaires.

Alexander Freed nous raconte la quête de Baldr, décidé à éviter par tous les moyens possibles une guerre sanguinaire qui déchirerait les neuf royaumes. Le dieu de la lumière est prêt à tout pour empêcher un conflit destructeur, qu’il s’agisse d’épouser la fille de l’ennemi des Ases ou de faire alliance avec le dieu de la malice Loki.

Bien entendu, quand on connait les comics Marvel et/ou les films qui en ont été adaptés, les personnages cités plus haut sont plutôt familiers (encore que Baldr/Balder n’ait pas fait le voyage jusqu’au grand écran) mais il faut garder en tête qu’on repart ici de la source à savoir la mythologie nordique.

Après une brève introduction pour faire les présentations, nous suivons donc Baldr qui mène sa quête malgré tous les obstacles qui se dressent sur son chemin. Les rebondissements sont nombreux, ainsi que les retournements de situation dont certains sont tout à fait inattendus. Son alliance avec Loki, qui est lui aussi tout à fait fidèle à sa légende, provoque des moments intéressants de par la nature même des deux personnages dont la nature profonde est très différente.

Outre l’histoire elle-même, c’est son contexte qui donne tout son sel à cette épopée : qui dit mythologie dit diversité de légendes pour raconter la même histoire, et justement il est souligné à plusieurs reprises que si le fond reste le même la forme ainsi que certains petits détails changent lorsque l’histoire est racontée. Ce récit est donc tout autant sur son objet lui-même que son existence en tant que conte.

Pour peu que l’on apprécie l’ambiance des mythes et légendes nordiques, cet album est une lecture captivante de sa première à sa dernière page. La magie du conte opère, et c’est avec plaisir que l’on suit les aventures de Baldr dans sa quête. L’histoire est très bien racontée, sans aucun temps mort et avec une très bonne exploitation de son cadre mythologique.

Concernant la question récurrente du côté accessible de l’album pour des néophytes complets en ce qui concerne le jeu Assassin’s creed Valhalla, la réponse est sans appel : cette histoire est totalement accessible. Même si le contexte mythologique enrichit l’univers du jeu, nous restons totalement dans le cadre des légendes et il n’y a aucun besoin de connaître le jeu (il y a cependant vraisemblablement un clin d’œil en fin d’histoire). Cet album s’adresse donc avant tout au lecteur désirant lire une très bonne histoire sur fond de mythologie nordique, qu’il connaisse le jeu vidéo ou non.

Côté dessin, Martin Tunica signe des planches très joliment réalisées qui entrainent le lecteur dans l’atmosphère toute particulière des contes et légendes nordiques. On pourra apprécier d’ailleurs que l’artiste ne se base absolument pas sur les déclinaisons de personnages connus chez Marvel (en comics ou en film) pour les représenter dans cette histoire.

 

Un excellent album, qui entraine le lecteur dans un conte passionnant.

 


 

Magic : The Gathering tome 2
Le lundi c'est librairie ! Magic : The Gathering tome 2 (septembre 2022, Black River)

Black River
EAN : 9782384260164

152 pages – 18.90€
22/09/2022 – Couverture cartonnée

Jed Mackay
Ig Guara

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Quand la survie du multivers dépend de la coopération entre guildes ennemies : les Planeswalkers parviendront-ils à s’unir face à la menace ?
Dans leur quête pour arrêter le culte qui dévaste Ravnica, les Maîtres de Guilde Kaya, Ral et Vraska mènent une audacieuse mission de sauvetage à l’Hôpital du Cœur Gelé pour secourir Jace Beleren, mortellement blessé… qui pourrait bien être la clé pour sauver la cité ! Ils risquent toutefois de perdre espoir suite aux révélations du sournois Planeswalker Tezzeret, qui n’a cessé de les espionner.
Mais les cultistes ne sont que les signes avant-coureurs d’un plus grand mal, et le trio va cette fois-ci devoir faire appel à toute l’aide qu’il peut recevoir des autres Planeswalkers, vieux amis comme anciens ennemis. C’est uniquement en unissant leurs forces et en travaillant main dans la main qu’ils parviendront à sauver toutes formes de vie… mais l’un d’eux n’y survivra pas.

Le lundi c'est librairie ! Magic : L'assemblée tome 2Après une excellente entrée en matière dans un premier tome passionnant, nous retrouvons notre trio de Planeswalkers qui doit sauver l’univers.

Dans ce second tome, Jed Mackay nous en dévoile davantage sur les causes réelles de ce qui s’est produit dans les épisodes précédents. La divinité Marit Lage joue en effet un rôle pour le moins central dans cette histoire, et tout en apprenant ce qu’il en est nous pouvons aussi réaliser que les enjeux sont bien plus importants qu’il n’y paraissait jusque là.

Kaya, Ral Zarek et Vraska, trio de Planeswalkers ayant appris à se connaitre et même à s’apprécier, sont donc au cœur d’une mission d’une importance capitale allant bien au-delà de ce qui est arrivé à leur comparse Jace Belleren. Et pour ce faire, ils devront nouer des alliances dont certaines risquent bien de leur laisser un arrière-goût amer.

Le premier tome de Magic : L’Assemblée permettait de faire connaissance avec les personnages et de poser les bases de l’intrigue. Ce second tome va beaucoup plus loin, en creusant encore plus loin dans la mythologie associée au célèbre jeu de cartes à collectionner. Comme pour le premier tome, les joueurs connaissant bien cet univers sont récompensés en voyant arriver des personnages et lieux aux noms bien connus mais fort heureusement le récit est suffisamment bien ficelé pour être tout à fait compréhensible pour le lecteur n’ayant jamais dépensé des sommes astronomiques en cartes Magic.

L’ambiance générale mêlant une atmosphère de magie à celle d’un véritable film catastrophe fonctionne à merveille, avec toujours une utilisation très pertinente du contexte très particulier des mondes de Magic : L’assemblée. La tension est de plus en plus palpable au fil de la lecture, jusqu’à un dénouement inéluctable débouchant sur un nouveau statu quo finalement très logique.

La caractérisation des personnages reste quant à elle soignée, chacun d’entre eux ayant des facettes très caractéristiques du type de magie qui le caractérise ainsi que de sa guilde. On notera au passage l’irruption d’un personnage aux motivations assez obscures, dont les détails seront donnés dans un futur album.

Comme dans le premier tome, l’histoire de Jed Mackay est passionnante et séduira les lecteurs qui aiment les histoires à base de royaumes magiques où des personnages manipulent ces énergies surnaturelles.

Du côté du dessin, Ig Guara signe une nouvelle fois des planches superbes qui donnent vie d’une bien belle manière à l’atmosphère de magie associée au jeu de cartes de Wizards of the Coast. Les personnages sont parfaitement représentés, ainsi que la manifestation de leurs pouvoirs magiques (on va ici un tantinet plus loin qu’en tournant des cartes d’un quart de tour ! 😉 ) et nous avons droit à des passages spectaculaires à la hauteur des enjeux.

Côté bonus, le sommaire de l’album est complété par une galerie de couvertures bien fournie.

 

Un excellent album, où le lecteur bénéficie d’une histoire passionnante et bien ficelée.

 


 

Zombie World : Le champion des vers
Le lundi c'est librairie ! Zombie World : Le champion des vers (novembre 2022, 404 Editions)

404 Editions
EAN : 9791032404096

96 pages – 14.00€
03/11/2022 – Couverture cartonnée

Mike Mignola
Pat Mc Eown

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Le musée d’une petite ville est en proie à d’étranges phénomènes orchestrés dans l’ombre par l’ignoble Azzul Gotha qui depuis 42 000 ans attend son heure. S’il parvient au but qu’il s’est fixé, toute l’humanité paiera un tribut aux proportions apocalyptiques, car le nécromant hyperboréen a scellé avec d’antiques dieux le futur notre planète.

Pour les 25 ans de l’oeuvre culte du père de Hellboy Mike Mignola et Pat McEown, retrouvez Zombie World pour la première fois en couleurs dans une édition grand format.

Le lundi c'est librairie ! Zombie World : Le champion des versAvec Zombie World : Le champion des vers, nous pouvons (re)découvrir une oeuvre de Mike Mignola à l’occasion de son vingt-cinquième anniversaire.

Mike Mignola est bien connu pour son magistral univers surnaturel autour de Hellboy et de ses compagnons mais il a également signé d’autres histoires qui n’en font pas partie tout en conservant des thématiques semblables.

Après une introduction saisissante située dans l’Hyperborée, l’album embraye sur une histoire se déroulant sur un musée où se déroulent d’étranges phénomènes suite à l’arrivée d’un sarcophage. Une équipe de spécialistes assez particulière vient pour empêcher un désastre, mais très vite la situation dérape.

On retrouve dans Zombie World : le champion des vers une équipe d’enquêteurs paranormaux qui fait très fortement penser au BPRD de l’univers de Hellboy. Au fil des cases, on en apprend peu sur ces personnages qui ont des capacités inhabituelles tandis qu’ils luttent contre un adversaire venu du fond des âges, ce qui a un côté un peu frustrant. Mais après tout ils ne sont finalement que des instruments au service de l’histoire, donc ce n’est pas si grave s’ils ne sont qu’esquissés.

Au début, on pourrait prendre l’histoire un peu à la légère avec son histoire de malédiction liée à un artefact antique qui semble faire écho à la « malédiction » de Toutankhamon (dont on retrouve une déclinaison indirecte dans l’album de Tintin intitulé Les sept boules de cristal). Mais il ne faut jamais sous-estimer Mike Mignola, qui va bien plus loin que cela dans cette histoire concoctée avec Pat McEown.

Dans une ambiance horrifique de plus en plus sombre, Zombie World : le champion des vers raconte donc comment des puissances venues d’une époque très lointaine peuvent à nouveau venir semer la terreur sur la Terre. L’histoire est riche en rebondissements, dont un très bien pensé et totalement inattendu qui fait totalement basculer l’histoire dans l’horreur la plus profonde. Le lecteur est particulièrement malmené avec une succession de surprises désagréables, faisant reculer à chaque fois les limites de ce récit désespéré.

Passionnante d’un bout à l’autre, l’histoire a un côté fascinant de par l’emploi très pertinent de codes horrifiques qui fonctionnent à merveille dans ce contexte. Le seul défaut de cette histoire serait d’être trop courte, car avec une qualité pareille on en redemande ! En tout cas vu que c’est tout de même assez effrayant, nous vous recommandons d’éviter de lire l’album le soir dans la pénombre !

Concernant la partie graphique, c’est à Pat McEown qu’échoit la mission périlleuse de mettre en images cette histoire peu banale… et contre toute attente, l’artiste a opté pour un style tout à fait inattendu. Pat McEown rend en effet hommage au style baptisé « la ligne claire », bien connu des lecteurs de Tintin par exemple, et a opté pour une représentation graphique qui en adopte les codes.

Cela n’empêche pas du tout l’artiste de faire ressentir le climat horrifique de l’histoire en intégrant les codes du genre, avec même quelques cases un rien crado, le résultat final étant très soigné avec une patine totalement intemporelle qui lui permet de franchir les ans sans l’ombre d’un problème.

Côté bonus, nous avons droit à une introduction de Pat McEown, une postface de Mike Mignola, un carnet de croquis commenté et une galerie de couvertures.

 

Un excellent album, dont l’atmosphère soignée et le graphisme intemporel lui confèrent un côté fascinant.   

 


 

C’est tout pour aujourd’hui !

Le lundi c’est librairie ! vous donne rendez-vous lundi prochain pour une nouvelle chronique.

Le sommaire de la prochaine chronique sera consacré à un ou plusieurs albums, rendez-vous lundi prochain !


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