« Reservation Dogs », saison 2, sur Disney + : le surnaturel et le burlesque cohabitent sur la réserve

DISNEY + – À LA DEMANDE – SÉRIE

Huit épisodes avaient suffi pour que l’on se préoccupe sérieusement du sort des Reservation Dogs, le quatuor d’adolescents que Sterlin Harjo a placés au centre de sa série, située dans une réserve amérindienne de l’Oklahoma. Lycéens sans avenir dans un établissement sans moyens, citoyens de seconde zone établis sur un territoire dont les conquérants ont décidé de l’étendue, Bear (D’Pharaoh Woon-A-Tai), Elora (Devery Jacobs), Willie Jack (Paulina Alexis) et Cheese (Lane Factor) auraient pu conserver la teinte grise que le réalisme donne aux personnages de leur trempe.

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Sterlin Harjo a préféré faire jaillir d’autres couleurs, combinant le burlesque, l’animisme et le mélodrame, donnant aux réalités les plus sombres – un établissement pénal pour mineurs, une casse gérée par une bande de trafiquants de méthamphétamine – un chatoiement magique ou comique. Dans Reservation Dogs, le pire est toujours à portée de main, il n’est jamais certain.

Certes, à la fin de la première saison, le quatuor avait explosé après l’échec d’un projet de voyage vers la Californie. L’enjeu central des dix épisodes de la nouvelle livraison tient à la possibilité ou non de soigner les blessures nées de cette division du groupe, division qui trouve ses racines dans le suicide du cinquième Dog, survenu avant le début de l’histoire.

Sur cette trame simple et solide, la série brode une fresque de la vie quotidienne dans la réserve, suivant par exemple les tribulations de Big (Zahn McClarnon), l’agent de la police tribale, sur la piste d’un gang de Blancs suprémacistes, ou aux alentours, comme dans le cinquième épisode, qui célèbre une nuit passée entre amies – les mères, tantes et tutrices des personnages – lors d’une convention de l’Indian Health Service, le service de santé indien, sur un mode résolument hédoniste.

Constante justesse

Plus que les interactions entre les personnages du groupe central, le récit suit des parcours individuels, ce qui limite le temps de présence à l’écran de certains personnages. Cheese, le plus studieux et le plus sage de la bande, doit attendre son arrestation, pour s’être trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment, pour passer enfin au premier plan. Dans le rôle de l’éducateur chargé de le remettre sur le droit chemin – hippie attardé mais très attaché à l’idée de répression –, Marc Maron est spectaculaire.

Reste l’essentiel, cette dimension spirituelle propre à Reservation Dogs. Elle peut se manifester sous les traits d’un guerrier sioux grassouillet, manifestation physique de l’esprit d’un compagnon de Crazy Horse déjà rencontré lors de la première saison, ou par la figure plus tragique d’une guérisseuse dont l’incarnation terrestre a suivi la Piste des larmes – la grande déportation des Amérindiens vers l’Oklahoma.

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